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Les constructeurs de véhicules automobiles et la McMaster University joignent leurs forces pour améliorer la conception des chaînes de montage pour les travailleurs

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Une équipe de chercheurs de la McMaster University utilise des avatars informatiques – semblables à ceux qui sont présentés dans les films 3-D tels qu'Avatar et Toy Story – afin d'aider les plus importants fabricants d'automobiles de l'Amérique du Nord à réduire le nombre de blessures répétitives dans les chaînes de montage.

Le projet d'un million de dollars sur trois ans est financé par le Partenariat automobile du Canada en collaboration avec Ford du Canada Limitée, General Motors du Canada Limitée et Chrysler Canada par l'entremise du United States Council for Automotive Research (USCAR), l'organisme de collaboration en technologie automobile des trois constructeurs américains d'automobiles. Le USCAR mène de la recherche dont peuvent profiter toutes les entreprises dans des domaines tels que l'ergonomie, les batteries perfectionnées et le recyclage des véhicules, pour n'en nommer que quelques-uns.

Dans ce projet, les chercheurs se servent de simulations par ordinateur et de modèles pour reproduire les gestes répétés chaque jour par les travailleurs de l'automobile. Le but est de créer des outils prédictifs qui peuvent être utilisés par les ingénieurs pour concevoir des chaînes de montage, au Canada et dans le monde entier, qui réduisent le stress physique associé au travail et améliorent la qualité du produit.

« Les chaînes de montage d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes qu'il y a 50 ans, explique Allison Stephens, présidente du groupe de travail sur l'ergonomie du USCAR et ingénieure ergonomique chez Ford Motor Company. Les dispositifs tels que les lecteurs DVD et les radios par satellite, par exemple, signifient que les travailleurs installent de nombreux connecteurs électriques. Ce type de travail répétitif peut créer une tension au niveau du cou, des poignets, des coudes et des épaules. Cette recherche nous aidera à comprendre les limites des gens afin que nous puissions concevoir des milieux de travail plus ergonomiques. »

C'est là qu'entre en jeu l'expertise de la McMaster University. Avec l'appui des syndicats canadiens et américains des travailleurs de l'automobile, les employés sont équipés de dispositifs d'analyse du mouvement et on leur demande d'exécuter une série de tâches liées à leur travail. L'équipe de la McMaster University, dirigée par Jim Potvin, Peter Keir et James Lyons, utilise ensuite les mêmes technologies que l'on trouve dans les films 3-D et les jeux vidéo pour créer des avatars de diverses tailles de sexe masculin et de sexe féminin.

« Notre but est de peaufiner ces modèles numériques de l'homme afin de prévoir la force requise au niveau des épaules et des mains, les niveaux de fatigue musculaire et les pressions exercées sur le canal carpien qui sont associés à diverses tâches. Cela nous montrera les limites dans ce que peuvent faire diverses personnes », explique M. Potvin, qui collabore avec Mme Stephens et Ford Motor Company depuis 1996.

Ces nouveaux outils prédictifs seront utilisés par les ingénieurs au stade de la conception et de la fabrication assistées par ordinateur pour concevoir des postes de travail qui ne surchargent aucun groupe musculaire. Auparavant, les problèmes n'étaient constatés qu'après la construction de la chaîne de montage, ce qui rendait tout ajustement difficile et coûteux. Avec les simulations par ordinateur, les entreprises peuvent cerner les problèmes deux à trois ans avant que le véhicule soit prêt à être fabriqué.

« Au stade de la conception, nous pouvons encore demander des changements tels qu'un meilleur accès pour les mains, indique Mme Stephens. Mais ces changements doivent être effectués avant que les ingénieurs aient arrêté définitivement la conception. » Mme Stephens affirme qu'en plus de réduire le nombre de blessures en milieu de travail, un milieu de travail plus ergonomique fera économiser aux entreprises des millions de dollars en coûts de soins de santé. Le nombre d'erreurs à l'usine sera aussi réduit, ce qui se traduira par des véhicules de meilleure qualité.

« L'équipe d'ergonomie du USCAR a fait du bon travail pour faire valoir le bien-fondé de cette recherche sur le plan financier, et pas seulement en ce qui a trait à la réduction du nombre de demandes d'indemnisation pour blessures, indique M. Potvin. Une personne qui n'est pas fatiguée effectue un travail de meilleure qualité, ce qui se traduit par un nombre réduit de réclamations au titre de la garantie, moins de bruits et cliquetis et des clients plus satisfaits. »

Mme Stephens ajoute que bien que les travaux d'ingénierie pour les trois entreprises soient effectués aux États-Unis, la collecte des données pour la recherche s'effectuera principalement dans des installations canadiennes. Les travailleurs de l'automobile du pays en profiteront aussi.

« Les résultats de cette recherche commenceront à être appliqués dans les usines de montage en Amérique du Nord d'ici trois ans, affirme Mme Stephens. Cela aura une incidence directe sur les travailleurs de l'automobile tant au Canada qu'aux États-Unis. » Cette incidence se fera aussi vraisemblablement sentir bien au-delà de Ford, de Chrysler et de GM.

« L'un des avantages d'avoir collaboré avec Ford toutes ces années est qu'il n'y a eu aucune restriction dans ma liberté de publier mes constatations, ajoute M. Potvin. Cela signifie que n'importe quel secteur de l'industrie peut profiter des avantages découlant de cette recherche. »